Une ville en harmonie avec la nature
La nature est très présente dans Besançon, avec les rives du Doubs, la forêt de Chailluz, et les collines. C’est un de ses atouts majeurs pour la qualité de vie des bisontin·es et le tourisme. C’est aussi, un atout essentiel face au changement climatique tant en termes d’atténuation que d’adaptation.
Ces lieux sont fort heureusement strictement préservés pour leur biodiversité et leur patrimoine. Leurs relations avec les quartiers environnants pourraient cependant être mieux mises en valeur et plus visibles.
Surtout, il existe d’autres espaces de nature plus modestes mais tout aussi essentiels pour la qualité de vie et l’adaptation au changement climatique de leur quartier, voire pour leur intérêt biologique, patrimonial, ou encore agronomique.
Ces lieux devraient également être préservés et mis en valeur.
Nous proposons de gérer ces espaces où la nature existe encore comme le sont les Parcs naturels nationaux et régionaux, c’est à dire en élaborant de façon collective avec tous les acteurs concernés (associations, habitant·es, exploitant·es éventuel·les, usager·es…) un projet et une charte fixant les modalités de préservation et de valorisation de la biodiversité, de la richesse agronomique et du patrimoine vernaculaire. Ce projet co-construit peut comporter par exemple des aménagements pour les promenades ou pour le maraîchage. Il peut prévoir des constructions, en principe en bordure du site et en lien avec le bâti environnant, voire, exceptionnellement, davantage à l’intérieur du site pour répondre aux besoins de valorisation de celui-ci ou à un besoin d’intérêt général collectivement reconnu, toujours sous réserve du respect des enjeux de biodiversité, de paysage ou agronomiques.
Des cheminements paysagers réservés aux mobilités douces (marche, vélo…) seront aménagés entre ces Parcs naturels communaux et les écoles et centres des quartiers situés à proximité. L’accès des habitant·es à la nature doit devenir aisé, instinctif. Il s’agit aussi d’inciter à la pratique de la marche, du vélo…
Les espaces naturels deviennent ainsi le cœur de l’aménagement urbain, à l’envers des politiques d’urbanisme qui prévalent depuis des décennies. Les Parcs naturels communaux sont un outil pour effectuer ensemble le changement dans la manière d’appréhender le territoire qu’impose la crise écologique.
Cette politique de préservation de la nature partout dans Besançon vient évidemment en contradiction avec le besoin de construction de logements. Même si on parvenait à remettre sur le marché tous les logements vacants, ce besoin demeurerait, ne serait-ce que parce que ces derniers sont essentiellement des petits logements situés dans le centre ancien, ce qui répond à une part importante des attentes, mais pas à toutes.
Cette politique doit donc s’accompagner d’une politique très active de recherche et d’acquisition de foncier qui ne soit ni naturel ni agricole.
L’alter-projet des Vaîtes: création du Parc naturel des Vaîtes
La première version de la ZAC des Vaîtes, dont le principe remonte aux années 60, était l’exemple type de l’urbanisation extensive de l’époque, peu soucieuse de la biodiversité comme des terres agricoles. Engagée au début des années 2010 sans tenir compte des enjeux écologiques vitaux de notre époque, elle a fait l’objet d’un rejet massif et a été stoppée par une décision du tribunal administratif, suite à la lutte légitime engagée par des collectifs citoyens, syndicats, associations… L’intérêt général qui aurait justifié l’atteinte portée à des espèces protégées et à tout un écosystème n’avait pas en effet été démontré.
Le second projet qui vient d’être approuvé par le conseil municipal, a tenté un compromis. Cette version cherche à minimiser l’emprise bâtie tout en cherchant à construire un nombre encore important de logements sur la zone, afin de répondre aux besoins en logements familiaux et de valoriser les investissements réalisés en foncier et pour le tramway. L’impact pour la biodiversité et les jardins est réduit, mais il est encore trop fort et toujours en contradiction avec l’enjeu climatique et donc la nécessaire préservation des zones naturelles (terres agricoles, zones humides… ).
Par ailleurs, la volonté de transformer les jardins actuels en petites parcelles gérées par la Ville, identiques en surface et en aménagement, montre que celle-ci n’a pas compris ce qui fait le charme du lieu et son intérêt socio-écologique : la diversité des jardins et leur auto-gestion. D’un point plus global, cela révèle un refus des formes d’organisation citoyennes alternatives, qui de notre point de vue doivent être au contraire valorisées. Cela participe au processus de reprise en main citoyenne de nos vies que nous appelons de nos vœux.
Notre vision pour les Vaîtes conduit donc à renoncer au projet actuel tel que soutenu par la majorité EELV/PCF/PS/ G’s et à le repenser radicalement.
Pour cela, il convient de prendre réellement en compte les consultations effectuées par la Ville en préalable à l’élaboration du nouveau projet.
Elle avait mis en place un Groupe d’expert pour le climat et l’environnement et une Conférence citoyenne.
Le premier a souligné les enjeux que présente ce site pour l’infiltration des eaux pluviales ainsi qu’en termes « d’intégration de la nature ordinaire dans la vie sociale » et de « lien entre la ville et ses collines alentours« . Il recommande de préserver, encourager et accompagner la tradition maraîchère, de conserver les jardins, et d’effectuer une étude de qualité des sols.
La seconde a abouti à deux orientations différentes : une première, soutenue par 36,6 % des citoyen·nes de la conférence, qui exclut toute construction, et une seconde, soutenue par 43,9 % d’entre eux qui accepte des constructions limitées sur certaines zones.
Les deux instances recommandent de ne pas construire dans la zone nord, où le projet actuel prévoit trois tours de 10 étages, en bordure d’une zone humide. Ce à quoi nous sommes également totalement opposés. Plus fondamentalement, les deux instances, chacune à leur manière, affirment que ce site présente tous les atouts pour déployer l’expérimentation d’une véritable bifurcation socio-écologique.
Notre proposition de gérer les secteurs encore verdoyants de Besançon dans l’esprit et selon les méthodes d’un Parc naturel, fournit un cadre adéquat pour repenser un nouveau projet.
Un projet sera co-construit avec les habitant·es, acteurs et usager·es du site, ainsi que les associations environnementales, pour en dessiner l’avenir. A titre d’illustration, le GEEC propose trois pistes d’actions : un plan de gestion écologique de la biodiversité ordinaire, le développement d’une zone maraîchère pour l’approvisionnement local en produits frais, et enfin un projet relevant de l’économie sociale et solidaire (restauration solidaire, jardins partagés…). Bien entendu, d’autres pistes pourront émerger du travail collectif.
L’enjeu est aussi d’ouvrir les Vaîtes à tous les bisontin·es. Nous proposerons par exemple, la création de sentiers pédagogiques et chemins de promenade (pontons en bois…), et la remise en état des zones abimées par les travaux engagés en 2019 et stoppés par le tribunal administratif.
Il est possible que ce projet inclue in fine quelques constructions le long de l’avenue des Vaites ou dans la zone du parc aux chiens, secteurs qui ne présentent qu’un enjeu environnemental faible, selon les études d’impact. Pour ce qui est du secteur du parc aux chiens, cela dépendra des études de sols qui restent à conduire ; par ailleurs, une éventuelle construction à cet endroit devrait être en rapport avec la vocation maraîchère du site, comme par exemple une légumerie.
Concernant, le projet de construction d’une nouvelle école, nous engagerons dans un premier temps, une étude de faisabilité de la réhabilitation de l’école Tristan Bernard. Cette étude sera remise au collectif qui travaillera sur l’avenir du Parc naturel des Vaites pour statuer sur ce point.
S’il était démontré que l’école actuelle ne peut pas être réhabilitée en maintenant un fonctionnement correct pour les enfants, en termes de sécurité et de bien-être (que ce soit impossible techniquement ou que le coût en soit prohibitif), sa reconstruction sur ce secteur parait admissible sous réserve d’un projet pédagogique fort en lien avec sa localisation.
Pour autant, nous sommes opposés aux principes des regroupements scolaires qui depuis plusieurs années engendrent l’émergence de méga-écoles au niveau national. Ce n’est pas notre modèle éducatif, ni celui auxquels les enseignant·es aspirent, pour le bien-être des enfants. Si construction d’une nouvelle école il doit y avoir, alors cet enjeu sera au centre du projet.
Que ce soit dans le cadre d’une réhabilitation ou d’une nouvelle construction à taille égale, nous souhaitons que cela s’inscrive dans un projet pédagogique global qui s’inspire du modèle de l’école du jardin planétaire développé par Gilles Clément.
Plus globalement, nous sommes conscient·es que nous devons répondre aux besoins en logements des bisontin·es et que nous devons empêcher l’étalement urbain, qui soulève un problème écologique mais aussi social puisqu’il éloigne toujours plus loin les familles modestes des réseaux et services publics. Pour autant, nous considérons que ces enjeux d’habitats doivent être traités en cohérence avec les enjeux de préservation des terres, notamment agricoles et zones humides. La priorité doit donc être dans les réhabilitations de bâtis existants et dans la recherche de zones déjà artificialisées. Par exemple, il conviendra donc de rechercher aux alentours et dans la ville, toutes les opportunités foncières qui permettraient de produire du logement familial (par exemple l’ancien Ehpad rue du docteur Schweitzer ou l’ancien site de la CTB rue de Trey…).

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