Ces derniers jours, des médias m’ont sollicitée pour connaître ma position suite aux derniers évènements qui agitent le Parti Socialiste du Doubs, avec l’exclusion de son responsable fédéral actuel, M. Leuba, et les poursuites engagées à l’encontre de Mme El Yassa, à qui il a succédée.
Nous n’avons bien évidemment pas à nous prononcer sur les suites judiciaires concernant Mme El Yassa, qui n’est candidate à aucun mandat.
Concernant M. Leuba, exclu de son parti par la commission harcèlement et lutte contre les discriminations, la question qui se pose est : pouvait-il demeurer sur la liste de Mme Vignot, a fortiori en seconde position.
Mme Vignot a tranché : M. Leuba est maintenu à la seconde place, invoquant la présomption d’innocence dont il peut se prévaloir du fait de son recours et de son engagement à démissionner en cas d’exclusion confirmée.
Pourtant, on le sent bien, la gêne persiste. Et les déclarations de ces derniers mois de membres du PS local et notamment la démission du secrétaire de la section bisontine fin 2025 font que cette situation n’est pas une découverte, pour qui suit la politique locale.
On ne peut donc s’empêcher de penser que les faits doivent être suffisamment graves pour que son propre parti prenne une telle mesure en pleine campagne électorale. D’ailleurs les témoignages diffusés dans la presse, qui parlent d’un « management toxique », d’une « gestion autocratique », d’« abaissements répétés » ou de « harcèlement moral », vont dans ce sens.
En réalité, devant de telles mises en cause, l’exigence d’exemplarité des candidat·es et à fortiori des élu·es aurait dû prévaloir et conduire Mme Vignot à demander à M. Leuba de se mettre en retrait de cette campagne. Parce que l’exemplarité est l’une des conditions pour retisser des liens de confiance avec les électeurs et les électrices qui nourrissent, hélas à juste titre, une méfiance importante envers les élu·es.
Qui plus est les faits reprochés viennent heurter nos valeurs féministes et notre engagement à lutter contre toutes les formes de domination.
Là est la boussole qui doit nous guider dans les situations complexes : les valeurs que nous défendons. Celles des insoumis·es, l’humanisme et le refus inhérent de toute domination, sont notre ADN. C’est pour cela que nous pouvons, contre vents et marées, quelles que soient les pressions ou les hypocrites accusations :
- Dénoncer avec horreur les crimes du 7 octobre ET s’élever avec indignation contre le génocide des Palestinien·nes à Gaza et le processus de colonisation
- Réprouver absolument la mort de Quentin Deranque ET soutenir avec force l’antifascisme
- Défendre la présomption d’innocence ET exiger l’exemplarité dans nos rangs
Nous avons un cap et nous le maintiendrons quelques soient les pressions : non à la domination coloniale, fasciste ou interpersonnelle.
Ces derniers mois, c’est cette volonté de ne jamais transiger qui nous a conduit à désapprouver le retrait précipité du drapeau palestinien au premier froncement de sourcil, le rétropédalage concernant la venue de M. Enthoven à Besançon, la minute de silence lors du dernier conseil municipal, et aujourd’hui le maintien de M. Leuba. Nous nous interrogeons donc, une fois de plus, sur le cap de Mme Vignot.
L’exigence de constance que nous nous appliquons à nous-mêmes, nous la souhaitons aussi chez nos allié·es d’hier et peut- être de demain.
Parce que c’est cette exigence qui nous permettra de nous opposer à celles et ceux qui sont le danger ultime : la droite et l’extrême droite. Car notre priorité a toujours été et sera toujours d’épargner aux bisontin.es leur cap réactionnaire et de division du peuple.
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