Pouvoir prendre un café chaud, un repas, échanger avec les autres, avoir accès aux soins médicaux, prendre une douche ou laver son linge, en bref, voir respectée sa dignité : c’est ce que permet la boutique Jeanne Antide, à Battant, à un public fragile et démuni.

Nous saluons le travail d’utilité publique des travailleurs sociaux qui chaque jour écoutent et accompagnent toutes celleux qui, suite à un accident de la vie (divorce, licenciement, maladie, addiction…), tombent dans la grande précarité et l’isolement. Ces personnels sont dévoués à leur tâche dans un contexte de plus en plus difficile du fait des restrictions budgétaires des structures sociales et de l’explosion de la pauvreté dans notre pays.

Besançon n’est pas épargnée par cette réalité : 23 % des Bisontin·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire moins de 1200 euros par mois pour une personne seule. Dans certains quartiers, ces taux sont au-delà des 50 %. Au sein de GBM, Besançon concentre à elle seule 83 % de la population à bas revenus au sens de la CAF.

Les fausses solutions de la droite face à l’urgence sociale

Nos sociétés font également face à ce fléau mortel qu’est la consommation de drogue. C’est un enjeu de santé publique global. Si les conduites addictives touchent toutes les franges de la population, l’addiction et la pauvreté se nourrissent mutuellement, créant un cercle vicieux difficile à briser.

Dans ce contexte, la droite bisontine surfe sur la détresse des un·es et le ras-le-bol des autres en tentant de faire croire que des solutions simplistes permettraient d’endiguer le problème. Sa nouvelle trouvaille : déplacer la boutique Jeanne Antide de Battant. Mais pour aller où ? Au fin fond de la forêt de Chailluz ?.

La pauvreté ne se déplace pas, elle se combat.

La présence de la Boutique et du SAAS (Service d’Accueil et d’Accompagnement Social), situé en face, permet une cohérence et une complémentarité des divers services d’accompagnement. Les personnes qui y sont accueillies ne sont pas des lépreux qu’il faudrait mettre au ban de la société. Nous combattrons toujours avec la même fermeté ces propositions démagogiques qui ne résolvent rien mais attisent la division et la défiance envers l’autre pour éviter d’agir sur les vraies causes.

Aux origines du problème : bilan politique

Car la première question à se poser est : quelle est l’origine du problème ? La réponse est claire : après une baisse dans les années 70/80, la pauvreté a explosé ces dernières années. Le cœur du problème, ce sont les politiques néolibérales qui, depuis plus de 30 ans, massacrent nos services publics, creusent les inégalités et sacrifient nos salaires.

Alors, nous disons à Messieurs Fagaut et Croizier : balayez devant votre porte !.

  • M. Fagaut, vice-président du Conseil départemental, participe à supprimer les dispositifs d’aide. Le département du Doubs réduit drastiquement les « contrats jeunes majeurs » (en contradiction avec la loi Taquet) et supprime des subventions aux structures d’accompagnement (ADDSEA), engendrant la suppression de postes d’éducateurs de rue.
  • M. Croizier, quant à lui, soutient à l’Assemblée des politiques macronistes qui ont mené à 9,8 millions de pauvres en France (+ 650 000 en 2023).

Retrouver le chemin du vivre ensemble à Battant

Le quartier Battant/Madeleine est un quartier historique, commerçant, humaniste et solidaire. Nous devons y retrouver le chemin du vivre ensemble. Cela nécessite :

  • De continuer à soutenir les structures d’accompagnement.
  • De lutter contre la précarité et ses conséquences.
  • De garantir le droit à la sûreté et à la tranquillité publique (police de proximité, médiation, réappropriation citoyenne des places comme le square Bouchot).
  • De soutenir les initiatives citoyennes et la participation des habitants (y compris au sein du CCAS).

Concernant la drogue, nous défendons la mise en place, avec les associations, d’espaces ou d’équipements mobiles de consommation à moindre risque (Haltes Soins Addictions) pour renforcer le suivi sanitaire et réduire les nuisances.

Nos propositions pour les municipales de 2026

La France Insoumise porte un projet de rupture. Voici nos axes d’action:

1. Adopter un plan communal de lutte contre la précarité

  • Renforcer les épiceries solidaires et l’aide alimentaire.
  • Renforcer le maillage des maisons France Services pour un guichet unique d’accès aux droits.
  • Renforcer le programme « Logement d’abord » et expérimenter un revenu municipal garanti, notamment pour les moins de 25 ans.

2. Faciliter l’accès au soin et développer la prévention

  • Pérenniser les « Haltes Soins Addictions ».
  • Renforcer le conseil local de santé mentale et créer des logements inclusifs pour les personnes en souffrance psychique.
  • Permettre l’accès à l’hygiène gratuit (bains-douches sécurisés).
  • Renforcer les moyens de prévention (CeGIDD, santé communautaire, prévention des risques).

3. Assurer le droit à la sûreté

  • Exiger plus d’effectifs de police nationale.
  • Développer une police municipale de proximité et la présence humaine (médiateurs, éducateurs) plutôt que la vidéosurveillance.
  • Lutter contre les rodéos urbains via la médiation et le contrôle.
  • Expérimenter le récépissé de contrôle d’identité pour lutter contre le contrôle au faciès.

4. Lutter contre le trafic de stupéfiants

  • Coopération étroite avec la police judiciaire, la gendarmerie et la douane.
  • Plan de prévention des addictions et sensibilisation (collèges, lycées, parents) sur les risques et les méthodes des dealers.
  • Proposer des « parcours de sortie de la délinquance » pour la réinsertion des personnes impliquées.
  • Réaffecter les biens mal acquis à des projets sociaux.

Nous portons le projet d’une ville ouverte, dynamique, humaniste et solidaire. Nous appelons toutes celleux qui veulent défendre avec nous ce projet pour Besançon à nous rejoindre.


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